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dimanche 29 novembre 2009

L'oeil du cyclone, sans

J'ai traversé le mur de la tornade, sans grands dommages.

autour, ça tourne, vite, fort, sans arrêt. Je me croirais dans la Matrice, tellement c'est zen où j'ai les pieds, avec le chaos aux alentours.

Dans l'oeil du cyclone tout est paisible

mardi 24 novembre 2009

je te chanterais

si t'étais là, près de moi, là. je te chanterais ça



mais j'enlèverais le WITH.

lundi 12 octobre 2009

Un scénario

"J'écris d'avance le scénario, de ce que j'voudrais vivre"...

J'ai entendu ça à la radio l'autre jour, un groupe qui s'appelle Baobab j'pense. C'est drôle, j'fais pareil: j'invente ma vie et je la regarde jouer dans ma tête, spectateur, comme au cinéma.

J'extrapole, je suppose, j'évoque des possibilités...ben...toutes les possibilités. Chaque situation le moindrement importante y passe. Et je joue les films dans ma tête, en parallèle avec ma vraie p'tite crisse de vie plate et normale.

Et y'a cette fille faite en lumière, croisée dans l'métro sur la ligne bleue. J'pourrais pas vous la décrire, ça s'rait une injustice que d'essayer de la traduire en moi. Elle est, c'est ce que je peux faire de mieux. Elle sortait et moi j'entrais. Une fraction de seconde, son odeur dans mes narines, son visage sur ma rétine, mon coeur sur le sien.

Les déclinaisons se bousculaient dans ma tête: drame, comédie romantique, action, thriller, amour...J'ébauchais des débuts d'histoire, des semblants d'intrigue, mais y'a rien qui collait vraiment.

Le soir en me couchant, j'ai compris pourquoi: ce scénario-là, c'est le premier que je voudrais écrire à quatre mains

jeudi 8 octobre 2009

ton odeur

Y'a ton odeur partout dans l'appart.

Pas que ça me dérange, au contraire; j'aime ton parfum.

Le seul hic, en fait, c'est que t'as jamais mis les pieds chez moi...

dimanche 23 août 2009

Jouer à la marelle

J'ai envie de jouer à la marelle. Dessiner le jeu à la craie sur le trottoir en face de chez-moi, trouver la roche parfaite et la lancer sur les cases un peu croches tracées de ma main maladroite et gauche.

Parce que jouer à la marelle, c'est revenir à nos 6 ans, où pour se rendre au Paradis faut juste avoir une bonne motricité fine pis de l'équilibre et savoir un tant soit peu sauter à cloche-pied. Pas plus compliqué que ça.

Lancer la roche, sauter, ne pas toucher à la case où est la roche. Se rendre au Paradis comme ça. Une série d'étapes simples, une série de gestes répétés. Une routine apaisante dans sa facilité.

Mais à 33 ans, la vie c'est pas un jeu de marelle, même si les mêmes situations se répètent. Non, à 33 ans, on comprend trop bien ce qui se passe, ce qui se trame, ce qui se dessine. On comprend qu'il y a un contexte en dehors du jeu, et surtout, plein de gens qui te regardent jouer.

Certains espèrent secrètement que tu te pètes la gueule, d'autres te crient une stratégie. Faut que tu fasses ton chemin là-dedans, parce que ton Paradis est sûrement pas à la même lpace que celui des autres. Du moins, t'espères.

Pis c'est pas le même jeu pour une autre raison, pas mal plus importante celle-là. à 33 ans, on est pas mal plus lucide et pas mal moins innocent qu'à 6. Même si on porte des lunettes roses.

J'voudrais jouer à la marelle ce soir, mais dehors, il pleut.

Tu veux venir jouer avec moi quand même? On va mettre nos cirés.

dimanche 2 août 2009

Y'a de ces journées

Y'a de ces journées où je voudrais être ton jeune premier, celui qui fait que tu te sens belle même quant tu te sens moche, celui qui t'ferait rire quand t'as les bleus, celui qui comprendrait qu'il vaut mieux qu'il se ferme la gueule et juste te sourire après une de tes remarques assassines, le gars qui te ferait changer de mood juste avec un baiser déposé sur ta nuque, celui dont les bras seraient un refuge, celui qui marierait la bonne toune au bon moment, celui avec qui tu voudrait déjeuner tous les matins dans un resto différent (ou à la maison), celui qui te ferait languir, qui t'ferait tripper, damner, rire, aimer comme toi seule peut aimer.

Mais en même temps, j'suis tellement pas le genre plateau-mile-end-ténébreux-barbe-de-deux-jours que tu sembles affectionner, pis les femmes-enfants, j'ai déjà trop donné, t'es pas encore certaine de vouloir des enfants...

Pourtant, Anouk m'a dit que ça serait bien, nous deux, t'es cute à mort en plus, j'perds pas mal de poids pis j'vais être top shape dans quelques mois, tu sembles voguer vers l'âge adulte avec sérénité, j'suis un romantique fini pis c'est ce que tu veux, t'es fucking créative, j'pense être capable de compromis pis aussi...t'es cute à mort!

Damn, j'm'en viens compliqué!!!!

ça doit être la perte de poids!

dimanche 24 mai 2009

Un automne au Portugal - 3

25 octobre - 15h45

Ça fait presque une heure que la tempête bat le littoral. Une heure que Philippe est assis, serein, dans la grande pièce, à fixer ses papiers sur le mur, à ruminer.

Une heure à écouter les volets battre le rythme de sa nouvelle chanson, celle qui naît en ce moment, qui éclôt, qui pousse pour sortir de son crâne, de ses tripes. Un couplet, un refrain, une figure rythmique, une mélodie forte, qui reste en tête. Ne manque que quelques morceaux cruciaux, et elle sera prête.

La raison de son voyage ici.

De son retour en fait.

Juste une bonne, c'est ce qu'il lui faut. Qu'il lui fallait.


25 octobre - 20h02

La tempête est chose du passé. Une fois le battement des volets réduit à une pulsation digne d'un comateux profond, Philippe a rebranché l'électricité, sorti son équipement, branché les fils.

Programmation d'un beat adéquat, ersatz de basse en instrument virtuel, piste de guitare rythmique, quelques mélodies de guitare ici et là.

Reste la voix, ce qui donne le ton, ce qui fait que ça passe ou ça casse.

Il place la tête de lecture quelques mesures avant le début de la chanson, enfile le casque d'écoute, appuie sur record, recule de quelques pas et se place devant le micro. Prend une grande respiration.

Une prise.

Une seule.

Il sait.

Sauvegarde du fichier, mise hors tension de l'ordinateur, de l'équipement. Philippe range ses trucs, mange un peu, boit une coupe de vin.

Demain, il retourne à Montréal.

jeudi 21 mai 2009

Un automne au Portugal

23 octobre - 9h22

Philippe s'éveille dans la seule chambre de la maisonnette qu'il loue sur le bord de l'Atlantique. Il reste dans le le lit, les yeux ouverts, fixants les lattes de bois du plafond croche. À sa droite, les chiffres du réveil-matin clignotent. L'électricité a encore flanché cette nuit.

Par la fenêtre, il entend les vagues qui se cassent sur les rochers. Il les entend, mais ne les remarque plus. Ça fait plus de trois mois qu'il est dans le nord du Portugal. La mer est devenue un bruit de fond et un refuge quotidien. Comme s'il retournait quelques instants dans le confort du liquide amniotique.

9h36.

Les chiffres clignotent toujours, obstinés à marquer un rythme qui n'existe plus. Philippe se lève, ne prend pas la peine de s'habiller et se dirige vers la grande pièce qui fait office de cuisine, de salon, de salle à manger, de bureau et de studio d'enregistrement.

Les gestes machinaux du matin, ceux d'avant la première cigarette, se répètent dans le même ordre que depuis des mois: vider la cafetière, la remplir, ajouter du café, la déposer sur le rond gauche du poêle électrique à deux éléments, allumer le rond, trouver les cigarettes, en ficher une entre ses lèvres, fouiller sur le comptoir pour trouver des allumettes, allumer la cigarette, tirer une bouffée en regardant par la fenêtre. Vider la tête. Voir au loin, de l'autre côté de l'Atlantique.

Effacer les images de juin, à Montréal, sur De Lorimier, dans sa chambre.

Verser le café, le boire en essayant de faire le vide, encore une fois. Éteindre la cigarette

Enfiler un short, sortir, courir vers la mer, s'y plonger.

Résister à l'envie de crier sous l'eau, de laisser ses poumons s'emplir, de couler à pic.

Sortir de l'eau, marcher vers la maison. Démarrer l'ordinateur, prendre la guitare.

Enregistrer des chansons d'amour de merde pour une fille de merde.

Effacer le disque dur.

Déjeuner.

attendre...
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(à suivre?!)

dimanche 17 mai 2009

pour toi.

Ben non, c'est pas grave qu'on se soit connus après 30 ans. Même si notre amour va durer moins longtemps, il sera plus fort, plus vrai, plus toutte.

Inquiète-toi pas, avec l'expérience qu'on a en arrière de la cravate (ou du joli t-shirt à peine moulant mais ô combien sexy pour toi), on va éviter les écueils.

On va être capables d'être heureux, de se comprendre sans parler, de se laisser du temps, de se prendre du temps, de vivre notre amour, pas de le survivre. Parce qu'on sait. Parce qu'on saura.

Pis les kids vont venir, et on s'perdra pas au mileu de la tornade. On va s'épauler, s'aimer. Être un, être deux, être nous.

Je t'écris tout ça,mais je ne sais même pas qui t'es...

mardi 5 mai 2009

Le noeud du problème

- Arrête de te sauver de tout! Tu m'énarves à t'fermer les yeux d'vant la vérité...
- Ta gueule, tu sais pas de quoi tu parles!
- Fuck you!

Porte de bureau et porte de chambre qui claquent à l'unisson. Au moins, on est encore en harmonie sur un point...

Ça fait deux jours que ça dure, deux jours à s'ignorer, à se faire la gueule, à faire exprès pour se faire chier par des petits riens subtils: ouvrir le journal un peu plus grand que d'habitude pour que le coin droit de la section Arts et Spectacles atterrisse sur la toast de l'autre, se raser sciemment avec le rasoir de l'autre...Une p'tite guerre de nerfs d'un couple qui se connaît trop.

On est passés le stade du make-up sex, du make-up déjeûner au resto, du make-up bouquet de fleurs, de la make-up pipe complète...Qu'est-ce qui nous retient ensemble sinon l'habitude et le confort des jours qui se suivent et qui se ressemblent fucking trop?

Mais bon, c'est tolérable, vivable, suffocant, mais pas assez pour asphyxier les morceaux d'amour qui essaient tant bien que mal de survivre.

L'appartement nous ressemble: à l'envers, débordé, dépourvu de sens, presque.

Et on joue cette pièce depuis tellement de mois qu'on en connaît les répliques par coeur, surtout les répliques qui piquent, qui font mal. Mais on est trop chickens pour changer le texte, jouer sur un autre registre. On continue dans ce qu'on connaît. Peut-être qu'au fond, ça fait notre affaire.

Et là, ce soir, à la table à dîner, c'est parti pour être la même répétition des mêmes mots, des mêmes synonymes. Usés, fatigués. Nous là, pas les mots.

entre deux bouchées, elle me regarde, neutre.

- Tu sais c'est quoi mon problème?
- Non.

C'est vrai, je ne le sais pas c'est quoi son problème...En fait, je sais quels sont SES problèmes. Elle est chiche de dire qu'elle n'en a qu'un.

- Mon problème, c'est toi.

Enfin.

Le troisième acte peut prendre fin, il a duré tellement longtemps. Le rideau va descendre bientôt, au grand plaisir des spectateurs obligés de cette pièce sordide, aux acteurs épuisés, au propos répétitif.

Pour la première fois depuis des mois, je ne réponds pas.

Pour la première fois depuis des mois, elle a raison.

lundi 4 mai 2009

Samedi soir.

tu me regardes, les yeux chauds. Les speakers de l'ordi crachent ta toune. Tu chantes à tue-tête en dansant, chacun de tes pas te rapprochant de moi, calé dans mon fauteuil favori.

Pis moi je te regarde danser comme un feu-follet parce que t'éclaires ma soirée, ma vie. J'suis saoul, mais pas à cause du vin. À cause de ton rire, d'la lumière dans tes yeux.

Ta toune finie, tu te dandines vers l'ordi "qu'est-ce que tu veux que je mette?"

J'ai le goût de répondre "Such great heights" mais ça briserait l'mood...

répondre "rien" aussi, j'veux pas être intense, j'veux plus être intense comme ça, surtout pas avec toi, légère et insaisissable comme le vent.

T'es juste là avec moi, pis tout est beau.

"Mets-donc I Hope I Don't Fall In Love With You de Tom Waits..." Tu farfouilles dans ma liste de lecture, repères la toune et la sélectionnes.

"Viens ici"

Tu t'approches, je dépose ma coupe de vin par terre, tu te loves sur moi, moulée dans mes bras.

Je te murmure chaque refrain au creux de l'oreille. Au dernier, je me tais.

Je ne peux pas voir ton visage, mais je jurerais que tu souris.

la madame de la caisse

C'est le premier du mois, celui où la file à la caisse est plus longue que d'habitude, celui où tu te maudis d'avoir à passer voir un caissier parce qu'il te faut retirer un montant excédant la limite permise au guichet.

J'attends depuis trop longtemps pour ma patience élimée, les ordinateurs de la caisse populaire surchauffant leurs processeurs Pentium III depuis de trop nombreuses années pour démarrer au quart de tour LA journée du mois où y'a trop de monde.

Un guichet se libère et je m'y présente, encore riche des profits tous relatifs de la maison fraîchement vendue. "Est-ce que le chèque est dégelé? Je dois retirer 5000$..."

Le gars pianote sur le clavier, va s'enquérir des procédures pour faire dégeler l'argent en me laissant planté au comptoir. Je consulte mes courriels sur mon smart phone, incapable de vraiment prendre une couple d'heures de congé.

Une dame se présente au caissier à ma droite, tremblante, ses deux chèques gouvernementaux à la main. "je veux déposer trente piasses, payer mon compte d'hydro et le reste en argent" qu'elle dit en sortant une facture chiffonnée de son sac à main.

"Des coupures en particulier madame?" de questionner le caissier, d'un français teinté d'un accent maghrébin. "100 en 5, pis un cinq piasses en change"

Le caissier effectue les transactions et remet cent dollars en coupures de cinq à la dame. Le regard de la vieille se brouille, elle commence à trembler. "C'est pas ça que j'ai demandé! Je veux cinq cent en cent piasses, le reste en vingts pis cinq piasses en change!" Le caissier conserve son calme, malgré le cafouillage intellectuel évident de sa cliente. Il change prestement les billets pour ceux demandés, met le livret à jour et le remet à la madame, de plus en plus confuse.

"Combien que j'ai dans mon livre?" " Vous êtes dans le rouge de 126 dollars madame"...

Les yeux affollés, les tremblements qui s'amplifient, la panique qui s'installe...

"Mais...comment ça? je comprends pas!"

"vous avez déposé trente dollars, payé votre compte de 150 dollars d'hydro, le reste je vous l'ai remis..."

"Mais voyons donc!" de l'interrompre la cliente "C'est pas ça qu'ils font d'habitude! faut déposer trente piasses, payer le compte et me donner le reste!"

"Madame, c'est la première fois que je vous vois, faut me dire clairement ce que vous voulez..."

"je te l'ai dit! Je fais toujours ça..."

J'ai envie d'attendre qu'elle parte, de retirer cent dollars de plus et de demander au caissier de le déposer dans son compte...

"Madame, c'est pas grave, on va refaire les opérations, tout va être comme d'habitude"

Pendant ce temps-là, mon caissier revient, avec la confirmation que le chèque est dégelé. Il compte les trente billets de cent devant moi, ajoute les quarante-cinq billets de cinquante et l'unique vingt à la pile. "Une enveloppe monsieur?" "Oui, s'il-vous-plaît..."

Je fourre l'enveloppe pliée dans ma poche et sort de la caisse, laissant derrière la dame confuse, qui ne comprend sûrement encore rien des événements aujourd'hui, pas assez présente intellectuellement pour développer une pensée abstraite lui permettant de cerner les opérations mathématiques effectuées, budgétant à la cenne juste pour arriver.

Crisse que des fois, je me plains pour rien...

mercredi 8 avril 2009

Y'a des soirs...

Y'a des soirs où même Ray Lamontagne me semble upbeat, où même Damien Rice m'énarve avec son bonheur.

Des heures étouffées, des plaintes assourdies par le gras, des minutes vides auxquels les accords mineurs qui résonnent sous mes doigts ne rendent pas justice.

Durant ces moments, y'a toujours l'étincelle, toujours.

Savez, c't'étincelle que j'ai? Que vous enviez des fois? Ben, elle s'éteint jamais.

Mais y'a des soirs où elle brille moins fort.

Parce que je pense à l'amour qui me fuit. Ou que je fuis. C'te maudit amour graissé comme un cochon, qui me nargue à deux pieds la face. "Tu me pogneras jamais!" qu'il me dit.

"C'est pas vrai!" que je réponds. " J't'ai déjà pogné, mon salaud! Pis solide à part de ça!" PIs là. il sourit en coin...

C'est vrai, je l'ai déjà pogné. Souvent même. Mais il me glisse entre les doigts. Toujours. Peut-être parce que je le tiens trop fort, je sais pas.

Dis-toi une chose, l'amour: à un moment donné, tu t'en apercevras pas, pis moi non plus, mais tu vas t'coller su moé, de ton propre chef.

J'vais être au parc, ou à l'épicerie, ou ailleurs, mais avec elle. Pis ça va être niaiseux, ben niaiseux. Elle va me regarder, me sourire. Je vais faire pareil, j'suis pas ben bon avec les mots dans ces moments-là. Ça va durer 2 secondes, peut-être un peu plus. Mais on va l'savoir toué deux. Pis tu vas venir nous rejoindre, ben tranquille.

C'te fois-là, j'te serrerai pas, j't'attacherai pas, j'aurai pas peur de toi. J'vais t'laisser t'installer entre moé pis elle, à ton aise. PIs j'vais t'laisser t'pointer l'bout du nez quand tu voudras, quand on va rire, quand on va brailler, quand elle va me dire "laisse-moi t'aimer" avec ses yeux pis ses mains, quand on va lire La Presse dans l'salon l'samedi matin avec Alex Cuba dans l'système de son, quand on va faire des nowheres en char, quand on va s'aimer tard le samedi soir ou de bonne heure le dimanche matin, dans toutte tsé.

Pis quand j'vais te voir pour vrai, je me sauverai pas. Non. Même que j'vas relire ces mots-là pis j'vais me trouver drôle. "Maudit que t'étais peureux pis que tu comprenais rien Mailloux" que j'vais m'dire. Pis j'vais avoir raison tsé.

Mais ces temps-ci, y'a des soirs où je trouve Ray Lamontagne trop upbeat pour moi...

jeudi 29 janvier 2009

Un ange

Je conduis sur Ontario, vers l'ouest. Au coin de De Lorimier, y'a une fille à l'arrêt d'autobus. Jolie, à peu près mon âge, habillée normalement. Il pleut et l'autobus se fait attendre...

Je patiente devant la lumière qui tarde à tourner au vert. La fille se penche et cogne à la fenêtre en me faisant signer de baisser la glace: elle veut me parler.

J'entrouvre et l'entend me dire ''tu me fais un lift? J'm'en vais pas loin''...

Je débarre la portière, elle entre, un peu trempée. On jase de tout et de rien pendant que je roule vers sa destination, à quelques coins de rues de la mienne.

Elle me demande si je suis célibataire. La réponse sort de ma bouche. ''Oui'' que je dis, ''j'suis pas super beau, les filles s'intéressent pas vraiment à moi...''.

Elle me regarde quelques secondes avant de me dire, très sérieusement ''J'te trouve cute moi, je sortirais avec un gars comme toi. Oh, c'est ici!''

Elle me remercie et descend de la voiture. Je continue ma route.

C'était qui? Je ne sais pas. Probablement une fille de région, comme moi, pour qui c'était normal de cogner à la fenêtre d'un inconnu pour bummer un lift d'une couple de coins de rues. Et moi, tout aussi naïf, j'ai jamais pensé que ça aurait pu être une pute...

Son compliment gratuit m'a certainement fait du bien cette journée-là. J'en prendrais bien un comme ça aujourd'hui, c'est moi qui est trempé...

samedi 22 novembre 2008

Solitaire

Les passants sont indifférents, voire hostiles. La rue et les trottoirs sont recouverts d'une mince couche de neige fine, glissante. J'ai peine à avancer, pris avec des pantalons neufs, aux rebords trop longs. À chaque pas que je fais, mes talons se prennent sur la couture récente.

Il est à peine 19h, mais le ciel de novembre est déjà noir sur la Ville Reine. Je cherche un resto où je pourrais souper. Je suis perdu dans cette ville que je connais peu, au milieu d'une foule pressée et hermétique à ce que je dégage.

Je m'attable, commande et rapidement, on m'apporte mon repas. Je mange en pensant à elle, à nous deux. Je demande l'addition, paie et me retrouve encore une fois à l'extérieur.

Il neige sur Yonge Street. Ça devrait être romantique.